25 juillet 1999, l'arrivée en Mauritanie

Le 25 Juillet 1999

Petit déjeuner sur le toi de l'hotel à Dakar.

Nous voici donc debout, l’œil aussi luisant que les poissons de la veille... autant dire que nous avons un peu la tête dans le seau ! Bref, dernière douche dans une baignoire, petit dèj. sur le toit de l'hôtel et nous louons un taxi pour rejoindre les guides chez Baba Diop. Une fois arrivés à l'école Dior (vers chez Baba), nous tentons de retrouver sa maison dont nous avons oublié l'emplacement dans le dédale des rues. Par chance, ce cher Baba habite près d'un panier de basket connu du quartier. Là, nous retrouvons les guides qui nous ont loué un taxi pour aller jusqu'à Rosso. Le taxi n'est pas exactement ce à quoi nous nous attendions: au lieu d'une sorte de minibus nous nous retrouvons avec un drôle de corbillard tout noir mais confortable quand même.


Au niveau ambiance c'était un peu limité. Le chauffeur nous a passé la même cassette pendant tout le voyage, et je me permet de rappeler que celui-ci a duré environ 5 heures d'après Benoît... autant dire que ça n'a pas été une partie de plaisir, surtout vers la fin. C'était une musique du pays, avec des  voix d' hommes et de femmes geignardes et redondantes, que dire de plus, ambiance tip-top !

 

Nous avons pu admirer la flore du Sénégal (baobabs, manguiers, bougainvilliers...) ainsi que les cadavres des vaches le long des routes. Les troupeaux se promenant en liberté nous avons évité de justesse le carambolage avec une vache. La malheureuse était au milieu de la route, et quand nous sommes arrivés, prise de panique, elle s'est étalée de tout son long sur le sol, on a bien cru qu'elle ne se relèverait plus. voilà pour la petite histoire de vache pas folle.
(Marie)


Je prend la suite de Marie pour finir de raconter cette journée d'arrivée. Nous voilà donc à Rosso, sur le port pour traverser le fleuve. avant de jeter un premier coup d’œil en Mauritanie nous avons du confier nos passeports à un douanier, représentant type de sa fonction : à moitié illettré ( 5 plombes pour écrire neuf prénoms), tatillon etc... Malgré tout nos pérégrinations frontalières n'était pas finies. Une troupe de gens s'est rassemblée autour de nous, entendant nous extorquer un maximum de sous (ce qu'ils ont d'ailleurs réussi à faire) en nous convaincant de faire du change trés désavantageux ... pour nous! Bref, après 1250 négociations, palabres, nous avons réussi à prendre une pirogue pour traverser le fleuve... et recommencer le même "bordel" de l'autre coté de la frontière. De multiples embrouilles avec les bagages nous sont effectivement tombées dessus jusqu'à l'arrivée de notre sauveur, Baro, un ami de Vachet, notre contact fantôme qui nous logera chez lui.

( Julie )


Avec Baro nous prenons deux taxis pour rejoindre la maison de William Vachet (alias Bouyé Ahmed), située dans le quartier de Temelec (signification en ouolof "Pars et reviens"). La maison comporte deux pièces principales, ainsi qu'une pièce pour le matériel, et un WC. Dehors il y a une cuisine et une sorte de tente :  le "hangar" .

(Benoît)


Benoît est partis aux toilettes, je prend le relais. La maison de Vachet est entourée d'une clôture, ce qui est exceptionnel dans le quartier et a pour intérêt d'empêcher les chèvres, ânes,  chiens et autres canards de rentrer chez lui. Vachet étant en France c'est Assia , sa belle sœur qui nous a accueilli. Le temps de prendre deux thés, nous sommes repartis, Julie, Assia et moi, au marché (pour acheter du gaz )et au bac pour changer de l'argent et trouver Cheikh, l'ami de Julie qui nous accompagnera lors de notre petit tour en Mauritanie. Après un petit tour en calèche ( à essayer au moins une fois, pour rigoler) nous avons rencontré Thio (encore un heureux hasard) qui est un responsable regional scout et qui supervise le projet en l’absence de Bouyé Ahmed. Notre « coordinateur » est un organisateur hors pair, pour qui il n’y a « pas de problème » (expression ouolof-poular-hassaniya-soninké-bambara-etc…). Apparemment nous venons juste de rater cheikh, un noir « tout long » qui n’est pas passé inaperçu. Nous non-plus puisqu’il semble qu’on lui ai indiqué notre arrivé.

(Guillaume)

 

Assia au thé.

 

Pendant ce temps, moi (Benoît) et Manue continuons a prendre le thé (déjà deux fois trois thés), quand arrive un noir « tout long » : Cheikh.

(Benoit)

 

De retour du marché où nous avons acheté 2 bouteilles de gaz et changé quelques sous, nous avons l’heureuse surprise de constater que cheikh a tenu sa promesse. Dés lors, nous prenons quelques thés en palabrant longuement jusqu’au dîner du soir. J’avoue que malgré ma faim je redoutais un peu ce moment…pour être plus claire j’appréhendais le plat où des milliers de mouches s’agglutinent et où chacun trempe ses doigts, mais mon angoisse s’est déjà un peu dissipée en apercevant…des pâtes !! Un vrai miracle, notre premier repas mauritanien est composé de mon aliment préféré « allahu Akbar » !!Une fois ce dîner convivial et délicieux absorbé nous continuons de boire le thé (au moins le vingtième de la journée) puis nous organisons le programme du camp entre français, cédant sur ce point à la prière de notre « grand organisateur ». Après cela Marie, Manue et moi tentons une micro toilette de chat, étant donné le manque d’eau et la promiscuité des lieux. Ensuite, nous installons notre magnifique moustiquaire et fermons les yeux, bercés par le doux braiment des ânes, le hurlement des chiens, le coin-coin des canards et les pleurs des enfants. Malgré cela nous dormons quand même mieux qu’à l’hotel, et le lendemain matin, nous voilà tout pimpant, prêts à aller préparer le chantier.

(Julie)

 

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